Le montant d’un Prêt à Taux Zéro est fixé par la réglementation et calculé par votre banque à partir de quelques paramètres objectifs. Comprendre cette formule permet de savoir à l’avance quel ordre de grandeur attendre et d’ajuster votre budget avant de signer un contrat de réservation.
La formule de base
Le montant du PTZ se calcule ainsi :
PTZ = quotité × coût de l’opération retenu
où le coût retenu est le plus petit des deux montants suivants : le coût réel de votre opération, ou le plafond de coût fixé pour votre zone et la taille de votre foyer.
Trois variables entrent donc en jeu : le coût plafonné, la quotité et le plafond lié aux autres prêts.
1. Le coût d’opération plafonné
L’État ne finance pas un pourcentage du prix sans limite. Le coût de l’opération est plafonné selon :
- la zone de la commune (A bis/A, B1, B2/C) ;
- le nombre de personnes qui occuperont le logement.
En zone A bis et A, le plafond est le plus élevé. À titre d’ordre de grandeur, selon le barème appliqué ces dernières années, il était de l’ordre de 150 000 € pour une personne seule, 225 000 € pour deux personnes, 270 000 € pour trois, 315 000 € pour quatre et 360 000 € à partir de cinq personnes. Ces montants sont à confirmer selon la réglementation en vigueur.
À Paris ou en petite couronne, le prix d’un appartement neuf dépasse très souvent ce plafond. C’est alors le plafond, et non le prix, qui sert de base de calcul.
2. La quotité : un pourcentage qui dépend de vos revenus
La quotité est le pourcentage du coût retenu financé par le PTZ. Elle dépend de :
- votre tranche de revenus (de 1 à 4), calculée à partir du revenu retenu divisé par un coefficient familial, comparé à des seuils propres à chaque zone ;
- le type de logement neuf : collectif (appartement) ou individuel (maison).
Selon le barème issu de la loi de finances pour 2025, dans le neuf, les quotités s’échelonnaient de 50 % pour les ménages les plus modestes à 20 % pour la tranche la plus haute en logement collectif, et de 30 % à 10 % pour une maison individuelle. Là encore, ces pourcentages peuvent évoluer : vérifiez-les sur economie.gouv.fr au moment de votre projet.
3. Le plafond lié aux autres prêts
Le PTZ est un prêt complémentaire. Son montant ne peut pas dépasser le montant total des autres prêts concourant au financement (prêt bancaire principal, prêt Action Logement, prêt d’accession sociale…), d’une durée minimale fixée par les textes. Un ménage qui disposerait d’un apport très important et emprunterait peu verrait donc son PTZ limité.
Exemples chiffrés (purement indicatifs)
Les exemples ci-dessous utilisent les ordres de grandeur mentionnés plus haut. Ils servent à comprendre la mécanique, pas à déterminer votre droit.
Exemple 1 : personne seule, studio neuf en zone A
- Prix du studio : 240 000 €.
- Coût plafonné pour une personne en zone A : environ 150 000 €.
- Revenus modestes, tranche 1, logement collectif : quotité de 50 %.
- PTZ ≈ 50 % × 150 000 € = environ 75 000 €.
Exemple 2 : couple avec un enfant, trois-pièces en zone A bis
- Prix : 480 000 €.
- Coût plafonné pour trois personnes : environ 270 000 €.
- Revenus intermédiaires, quotité de 40 %.
- PTZ ≈ 40 % × 270 000 € = environ 108 000 €.
Attention, dans ce deuxième cas, le revenu retenu ne peut pas être inférieur au coût de l’opération divisé par 9, soit environ 53 300 € : c’est ce montant qui est comparé aux plafonds et aux seuils de tranches si le RFR du couple est plus faible.
Exemple 3 : famille de quatre, maison neuve en grande couronne (zone B1)
- Prix : 380 000 €.
- Coût plafonné pour quatre personnes en B1 : plus bas qu’en zone A.
- Logement individuel : quotité réduite (entre 10 % et 30 % selon la tranche).
- Le PTZ sera nettement plus faible qu’en appartement, à revenus égaux.
Ce que le montant du PTZ change dans votre plan de financement
Un PTZ de 80 000 € ne réduit pas votre prix d’achat : il remplace une partie du prêt bancaire par un prêt sans intérêts. Sur 20 à 25 ans, l’économie d’intérêts peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros par rapport à un crédit classique du même montant. Il améliore aussi votre capacité d’emprunt pendant la période de différé, puisque vous ne remboursez pas encore le PTZ (voir notre guide sur la durée et le différé).
Comment estimer votre montant en pratique
- Vérifiez votre éligibilité (primo-accession, ressources, zone) avec notre test indicatif.
- Identifiez le coût plafonné pour votre zone et votre foyer sur les sites officiels.
- Repérez votre tranche grâce au simulateur de l’ANIL ou de votre banque.
- Appliquez la quotité correspondant au type de logement.
- Faites valider le chiffre par votre banque ou votre courtier, seuls à émettre l’offre de prêt.
À retenir : à Paris et en petite couronne, le PTZ est presque toujours calculé sur le plafond de coût et non sur le prix réel. Son montant dépend donc surtout de la taille de votre foyer et de vos revenus.